Reporting Intégré

La commission RSE du MEDEF a présenté dernièrement la synthèse de son travail sur le reporting intégré, résultat de l’audition, pendant un an, de nombreux experts, praticiens en entre­prises et parties prenantes, venus partager leur vision et leur expérience de la pratique du reporting intégré.

Jean-Baptiste Cottenceau apporte sa vision sur la valeur du capital industriel au sein de nos modèles économiques aujourd’hui davantage portés sur une économie de services.

 

Un reporting intégré pour créer de la valeur au sein de l’entreprise

Le reporting intégré consiste à identifier les indicateurs de performance qui permettent de retranscrire la manière dont la prise en compte des enjeux ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) dans la stratégie d’une organisation, conduit à créer de la valeur à court, moyen et long terme. Le reporting intégré permet de répondre à une demande croissante des investisseurs de disposer d’une information claire et concise de la stratégie des entreprises.

L’entreprise est invitée à expliquer son modèle d’affaires, moteur de la création de valeur, à identifier ses actifs tangibles et intangibles clés, à identifier les liens qu’elle tisse avec son écosystème, à présenter les risques essentiels auxquels elle est confrontée et la façon dont elle prévoit de les éviter ou de les atténuer.

Le reporting intégré propose de décomposer la création de valeur en 6 capitaux distincts :

  • Le capital financier
  • Le capital manufacturier
  • Le capital naturel
  • Le capital social
  • Le capital humain
  • Le capital intellectuel

 

Les objectifs d’une vision intégrée

L’objectif pour l’entreprise est de comprendre ses leviers de création de valeur pour les communiquer et s’inscrire dans une démarche globale et internationale avec ses parties prenantes.

Les entreprises publient leurs informations économiques et financières afin de conserver la confiance de leurs parties prenantes. Cependant, ces mêmes entreprises constatent que leurs rapports contiennent de plus en plus d’informations dites « extra-financières ». Ainsi, la multiplicité des supports d’information crée un éparpillement et par là même, nuit à la lisibilité et à la cohérence des données.

Les parties prenantes, quant à elles, cherchent à appréhender la façon dont l’entreprise fonctionne : comment celle-ci crée de la valeur en interne et avec son territoire, comment elle peut éventuellement la détruire et comment elle mesure et limite cette destruction.

Au niveau international, divers pays se sont d’ores et déjà engagés dans la mise en place de reporting intégré au sein des grandes entreprises.

En France, 18 % des entreprises du CAC 40 ont remis ou présenté un rapport intégré lors de leur Assemblée Générale en 2017. Au niveau mondial, environ 3 000 entreprises se sont engagées dans ce type de démarches.

 

Un reporting intégré pour toutes les entreprises

Le reporting intégré s’adresse aussi bien aux entreprises déjà concernées par l’obligation d’informations qu’à celles qui souhaitent communiquer sur leurs engagements RSE, leurs indicateurs extra-financiers ou leurs actions concrètes en matière sociale, environnementale ou sociétale.

Cette communication intégrée permettra aux investisseurs d’allouer de manière plus efficace leurs capitaux et aux parties prenantes de mieux comprendre les actions de l’entreprise et sa création de valeur.

L’entreprise doit donc adapter l’information aux niveaux et besoins de chacun des acteurs de sa sphère d’influence.

 

Jean-Baptiste Cottenceau de Sustainable Metrics témoigne sur le capital industrielJean-Baptiste Cottenceau

Selon lui, le capital industriel est un des seuls à pouvoir être monéta­risé au travers des immobilisations. Via l’amortissement, l’obsolescence des biens peut être mesurée et intégrée.

Même si aujourd’hui, on n’est plus dans une économie de production mais dans une économie de service, ce qui semble immatériel ne l’est pas toujours, ainsi les téléphones mobiles ont besoin d’antennes relais, AirBnB d’appartements et Uber de voitures. Dans une économie de la fonctionnalité, les équipements industriels peuvent être mutualisés (usage plutôt que possession), et dans une économie circulaire, le capital industriel peut être considéré avant tout comme une ressource brute.

Pour en savoir plus, téléchargez l’étude ici: Rapport MEDEF Rapport Intégré

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