Dans une publication du vendredi 30 novembre 2018, des investisseurs[1], en coordination avec le Carbon Disclosure Project [2] (CDP), ont appelé les dirigeants européens à instaurer un cadre de reporting extra-financier. Cette déclaration vise à fournir des informations de meilleure qualité sur l’environnement et le changement climatique au marché financier. Cette étape cruciale devrait permettre aux investisseurs de prendre leur responsabilité et d’être en mesure d’analyser les risques liés au climat et d’en limiter les effets sur leurs sociétés émettrices.

Freins

Le 8 mars 2018, la Commission européenne dévoilait sa stratégie (« Financer la croissance durable ») qui représente un pas en avant pour une économie plus verte et propre. Mais les exigences actuelles en matière de reporting empêchent de différencier les investissements en fonction des performances climatiques et environnementales des entreprises et sont insuffisantes pour se tourner vers une économie bas carbone, résiliente et efficaces.

L’un des principaux problèmes tient à la compréhension et à la comparabilité des informations et des données sur l’entreprise dont les acteurs des marchés financiers ont besoin pour comprendre les risques et les opportunités liés aux relations avec les entreprises et qui sont affectés par les problèmes liés au changement climatique et à l’environnement.

Cette lacune ne permet pas d’avoir des flux financiers efficaces et opportuns pouvant générer une économie sobre en carbone, résiliente au changement climatique et utilisant efficacement les ressources.

Recommandations

Une solution pourrait consister à mettre en place un cadre de reporting institutionnel adapté aux besoins des investisseurs (initiative du CDP):

1. Atténuer le risque financier

En ce qui concerne plus particulièrement les risques liés au climat, les rapports d’entreprise devraient être conformes aux recommandations de la Task Force for Climate-related Financial Disclosures (c’est-à-dire intégrer les risques financiers et les opportunités découlant des questions ESG).

2. Créer des conditions égales pour tous dans l’UE

Parallèlement à la mise en œuvre cohérente des exigences en matière de rapports d’entreprise, il faut également envisager une surveillance et un suivi, ainsi que des mécanismes d’application et de vérification similaires à ceux du reporting financier (afin de prévenir les incohérences entre les transpositions nationales du droit de l’UE).

3. Normaliser les indicateurs spécifiques au secteur

Des indicateurs clés standardisés qui améliorent la comparabilité et la cohérence, et permettent de suivre les progrès accomplis par rapport aux objectifs de politique publique et aux horizons temporels clairement définis, doivent être spécifiés pour chaque secteur. Les entreprises bénéficieraient d’une clarté sur ce qui est important et donc significatif pour leurs investisseurs.

4. Cohérence des politiques entre les obligations des investisseurs et le reporting des entreprises

Les investisseurs sont tenus de comprendre la contribution réelle des investissements et des décisions d’allocation de capital à la réalisation des objectifs environnementaux et sociétaux. Elles ont donc besoin d’informations utiles aux décisions des entreprises sur leurs modèles commerciaux, leurs stratégies, leurs cibles, leurs risques et leurs opportunités, à court ou à long terme.

 

[1] Les premiers signataires de cette déclaration sont : Actiam N.V., Arkitekternes Pensionskasse, AXA Investment Managers, Candriam Investors Group, la Caisse des Dépôts, Mirova, Pensionskassen for Jordbrugsakademikere og Dyrlæger, PKA A/S, Robeco, RobecoSAM AG, Sampension Livsforsikring A/S, et Schroders plc.

 

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